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Les questions les plus fréquemment posées

Quelles sont les réserves en uranium naturel?

Pour estimer les réserves, les spécialistes prennent en compte 2 éléments :

  1. La consommation mondiale du moment (ils peuvent aussi extrapoler les consommations futures)
  2. Les ressources prouvées à des conditions économiques précises.

Selon l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA), les réserves mondiales prouvées, dont le coût d’extraction est inférieur à 130 dollars US le kilo, équivalent à un siècle de consommation actuelle.

Les ressources estimées à un coût d’extraction inférieur à 260 dollars US par kilo constituent un potentiel additionnel qui couvrirait environ deux siècles de consommation.

Les réserves et ressources « on shore » se trouvent principalement en Australie (environ 25%), au Kazakhstan, au Canada, en Russie et en Afrique (Namibie, Afrique du Sud et Niger).

L’eau des mers et des océans pourrait aussi constituer un gisement considérable à condition d’arriver à des conditions d’extraction de l’uranium marin économiquement rentables. 


Existe-t-il d’autres sources d’approvisionnement?

Le retraitement permet de récupérer de l’ordre de 96% de matières premières (95% d’uranium et 1% de plutonium) réutilisables pour la fabrication de nouveaux combustibles.

Des matières premières résultant du démantèlement d’arsenaux militaires russes et américains reviennent aussi sur le marché.

Il y a encore les ressources non conventionnelles (encore peu exploitées) que sont les phosphates, les cendres de charbon, les lignites, les schistes noirs et même l’eau de mer.


Quel avenir pour le nucléaire en Belgique et dans le monde

En Belgique

Une loi promulguée le 31 janvier 2003 a arrêté "les principes de sortie progressive de la production industrielle d'électricité à partir de la fission de combustible nucléaire et d'interdiction de nouvelles centrales nucléaires".En résumé, la loi prévoit la fermeture des réacteurs nucléaires après 40 ans de fonctionnement sauf si la sécurité d'approvisionnement en électricité du pays n'est pas garantie. C'est pour cette raison que les réacteur de Doel 1, de Doel 2 et de Tihange 1 ont été autorisés à fonctionner 50 ans soit 10 années supplémentaires. A fin 2020, la loi prévoit toujours la fermeture de tous les réacteurs à l'échéance 2025. 

Or, en juin 2020, Elia, le gestionnaire du réseau de transport de l'électricité en Belgique, a tiré la sonnette d'alarme devant la Chambre des Représentants. Elia a précisé que sans la mise en oeuvre rapide d'un mécanisme de rémunération de capacité de production d'électricité, il ne sera pas possible de sortir du nucléaire en 2025. Une capacité de 3000 MW issus du nucléaire devrait être conservée, ce qui correspondrait au maintien de 3 réacteurs. 

Dans le monde

Fin 2019, on recensait dans le monde 442 réacteurs en exploitation dans 31 pays. 53 réacteurs sont en cours de construction et plus de 130 centrales nucléaires son en phase d'étude ou d'autorisation.

Et ces derniers mois, plusieurs signaux forts ont été donnés par des instances internationales, y compris le GIEC, dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. 

. En mai 2019, l'Agence Internationale de l'Energie a publié un rapport (le premier depuis 20 ans consacré à l'énergie nucléaire) intitulé "Nuclear Power in a clean energy system". L'Agence insiste sur le rôle de colonne vertébrale de l'énergie nucléaire et de l'hydraulique dans un système énergétique bas carbone. Le rapport recommande plusieurs actions possibles qui vont du prolongement de l'exploitation des réacteurs existants aussi longtemps que leur sûreté est garantie, à la construction de nouvelles centrales et au développement de nouvelles technologies nucléaires. 

En octobre 2019, l'Agence Internationale de l'Energie Atomique a organisé une conférence extraordinaire sur le changement climatique et le rôle de l'énergie nucléaire. Une des conclusions était : "le vrai potentiel de l'énergie nucléaire doit être pleinement reconnu si le monde veut relever ses défis climatiques

En novembre 2019, le Parlement européen a adopté une résolution reconnaissant le rôle significatif et durable de l'énergie nucléaire dans la lutte contre le changement climatique. Cette résolution s'inscrit dans le cadre d'un Green Deal européen visant à réduire de 55% les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030. 

Le retraitement a-t-il permis à la Belgique de récupérer des matières premières ?

Fin des années 1970, SYNATOM a passé plusieurs contrats de retraitement avec l’usine spécialisée de La Hague en France.

Le retraitement a permis de récupérer et de recycler 96% (95% d’uranium et 1% de plutonium) de matières énergétiques qui ont été valorisées dans de nouveaux assemblages de combustible. Lorsque ces assemblages contenaient du plutonium  et de l’uranium ils étaient appelés MOX,  pour  Mixed Oxyde.

Tous les assemblages fabriqués avec les matières issues du retraitement ont déjà été utilisés dans les centrales nucléaires de Doel et de Tihange.

Sachant que l’ensemble des déchets ultimes sont également revenus en Belgique, SYNATOM a mené à bien la réalisation complète d’un cycle « fermé » du combustible nucléaire.


Que sont devenus les déchets issus du retraitement?

Tous les déchets issus du retraitement effectué à l’usine de La Hague ont été « rapatriés » en Belgique.

Il y a eu trois campagnes de transport :

  1. Entre 2000 et 2007
    14 transports pour ramener en Belgique 387 conteneurs de déchets vitrifiés de haute activité (produits de fission emprisonnés dans une matrice de verre)
  2. Entre 2010 et 2013
    9 transports pour 431 conteneurs de déchets compactés de moyenne activité (pièces métalliques qui constituaient le squelette de l’assemblage de combustible)
  3. Entre 2017 et 2018
    2 transports pour 35 conteneurs de déchets vitrifiés de moyenne activité (effluents de rinçage de l’installation de retraitement)

Aujourd’hui, tous les conteneurs sont entreposés, en toute sûreté, dans des bâtiments spécialement conçus pour un entreposage de longue durée. Ces bâtiments se trouvent sur le site de BELGOPROCESS, la filiale de l’ONDRAF à Dessel.

Pour rappel

Le traitement d’une tonne de combustible usé génère moins de 1/2 m3 de déchets de haute et moyenne activités.


Pourquoi avoir arrêté le retraitement?

La production industrielle d’électricité grâce à l’énergie nucléaire a débuté en 1975. L’option du retraitement était alors la voie choisie pour le combustible nucléaire belge.

En 1993, la Chambre des Représentants a voté une résolution qui demandait e.a. une évaluation approfondie sur l’opportunité du retraitement. Parallèlement, elle demandait une évaluation approfondie des choix possibles pour l’avenir.

Fin 1998, le Conseil des Ministres a notamment pris la décision de ne plus conclure de nouveaux contrats de retraitement sans l’approbation officielle du gouvernement. Il a aussi été demandé d’établir une comparaison entre les deux options possibles : retraitement (cycle fermé) ou conditionnement direct du combustible irradié avant son stockage définitif (cycle ouvert).

Le 3 octobre 2016, le Programme national en matière de gestion responsable et sûre du combustible usé et des déchets radioactifs belges a été arrêté par le Conseil des Ministres.

Aujourd’hui, l’option du retraitement reste ouverte.

https://economie.fgov.be/fr/themes/energie/sources-denergie/nucleaire/gestion-du-combustible-irradie/historique-de-la-gestion-du


Quelle est la position des pays européens vis-à-vis du retraitement?

Un Etat membre sur deux de l’Union Européenne possède au moins une centrale nucléaire sur son territoire. Si l’on prend en compte la Suisse, ce sont 15 pays qui produisent de l’électricité au départ de l’énergie nucléaire. Chaque Etat membre est libre de définir sa politique en matière de cycle du combustible nucléaire.

Font ou ont fait du retraitement :

La France, avec plus de 50 réacteurs en activité, retraite ses combustibles usés.

Les Pays-Bas font aussi retraiter les assemblages de combustible usé de la centrale de Borssele à La Hague.

L’Espagne a fait retraiter à La Hague un cœur complet de sa centrale de Vandellos.

L’Allemagne a  passé des contrats de retraitement avec La Hague et doit encore rapatrier des déchets compactés.

La Suisse a terminé les rapatriements de ses déchets vitrifiés et compactés issus du retraitement.

La Belgique a complètement réalisé le cycle du combustible nucléaire fermé. L’option du retraitement est toujours ouverte en Belgique.

La Grande-Bretagne a possédé une usine de retraitement à Sellafield. Elle est aujourd’hui arrêtée définitivement.

Ont opté pour le non-retraitement :

La Suède et la Finlande ont décidé de stocker en profondeur les assemblages de combustible usé. Ceux-ci seront emprisonnés dans des conteneurs en acier recouverts d’une épaisse couche de cuivre.


Où se trouvent aujourd’hui les assemblages de combustible usé ?

A l’issue de leur séjour de plusieurs années dans la cuve du réacteur, les assemblages de combustible sont considérés comme usés. Ils sont aujourd’hui entreposés sur les sites de Doel et de Tihange.

La centrale de Doel possède un bâtiment spécifique pour des conteneurs d’entreposage  « à sec ».

A Tihange, un bâtiment centralisé comprenant 8 piscines permet un entreposage sous eau.

De nouvelles capacités d’entreposage « à sec » doivent être construites à Doel et à Tihange pour assurer l’entreposage sur le long terme


Où iront les déchets provenant du démantèlement d’une centrale nucléaire ?

Selon les spécialistes, les déchets qui résultent/résulteront du démantèlement d’une installation nucléaire sont pour 80% des déchets conventionnels (bétons et structures métalliques).

Les 20% restants seront des déchets à caractère radioactif, en majorité de faible activité et de courte durée de vie. Ceux-ci seront confiés à l’ONDRAF pour leur stockage définitif en surface.

La Belgique possède une expertise reconnue en démantèlement d’installations nucléaires. Citons e.a. : le démantèlement du réacteur BR3 de Mol, du réacteur de recherche Thétis de l’Université de Gand, l’ancienne usine Eurochemic de Dessel.


Les évolutions de la politique énergétique belge influencent-elles les activités de SYNATOM?

SYNATOM prend en compte toutes les décisions politiques relatives au nucléaire en Belgique.

À l’amont  du cycle du combustible nucléaire, tout arrêt ou prolongement d’un réacteur nucléaire impacte directement la stratégie d’approvisionnement en matières premières nécessaires à la fabrication des assemblages de combustible.

 Il en va de même pour l’aval du cycle du combustible nucléaire, où des décisions politiques peuvent avoir des conséquences sur l’entreposage intermédiaire et le stockage définitif des déchets radioactifs.

Les évolutions de la politique énergétique belge peuvent avoir d’importantes répercussions financières dont SYNATOM doit tenir compte pour la constitution des provisions nucléaires par exemple.


Où en est la Belgique pour le stockage définitif de ses déchets radioactifs ?

Fin 2018, l’ONDRAF a proposé un nouveau scénario de référence pour le stockage géologique des déchets de haute et moyenne activités et de longue durée de vie.  L’ONDRAF s’appuie désormais sur un stockage à une profondeur moyenne de 400 m au lieu de 230 mètres précédemment. Le concept a aussi été adapté afin de simplifier la récupération éventuelle des déchets stockés. Le phasage des différentes étapes a été réévalué  et envisage le stockage des déchets de moyenne activité à partir de 2070 et celui des déchets de haute activité à partir de 2110. Les installations de stockage devraient être complètement scellées vers 2135.


Y-a-t-il des pays en pointe dans ce domaine ?

Les USA et la Corée du Sud disposent déjà d’installations de stockage de déchets de moyenne activité et de longue durée de vie.

En Finlande, la  société POSIVA OY  a reçu en novembre 2015, l’autorisation pour construire son installation de stockage géologique. Celle-ci accueillera dans les prochaines années, les assemblages de combustible usé encapsulés dans des conteneurs spéciaux. Les premiers conteneurs devraient être enfouis dans les galeries souterraines à partir de 2025. 

En France, l’ANDRA (l’équivalent de l’ONDRAF) a lancé son projet CIGÉO pour le stockage profond des déchets radioactifs issus du retraitement des assemblages de combustible usé. Elle dispose d’un laboratoire souterrain de recherche en Meuse/Haute Marne à proximité duquel le centre de stockage devrait être construit.

L’ANDRA a déposé en 2019, une demande d’autorisation de création de son centre de stockage.

Le décret d’autorisation de création est attendu en 2022 et l’autorisation de mise en service vers 2030.


Comment être sûr que les provisions tant pour le démantèlement que pour la gestion des déchets seront suffisantes?

Par la loi de 2003, le Gouvernement belge a mis en place une Commission des provisions nucléaires.

Cette commission indépendante est constituée de 5 membres effectifs qui sont à la tête des plus hautes institutions de l’État.

La Commission des provisions nucléaires a une compétence d’avis et de contrôle sur l’existence, la suffisance et la disponibilité des provisions.

La Commission émet des avis concernant : 

  • les méthodes de constitution des provisions. Elle évalue aussi périodiquement le caractère approprié de ces méthodes;
  • le pourcentage maximal que SYNATOM peut prêter;
  • les catégories d’actifs dans lesquels SYNATOM investit.

La Commission contrôle:

  • les données liées à la suffisance des provisions,
  • l’application correcte des méthodes de constitution des provisions,
  • les conditions auxquelles SYNATOM prête ses fonds,
  • la disponibilité des fonds.

Tous les trois ans, SYNATOM remet à la Commission un dossier détaillé reprenant la méthodologie de constitution des provisions, la stratégie financière, le timing, … Ce dossier comprend donc non seulement des calculs économiques mais aussi des documents techniques émanant de l’exploitant nucléaire ou des ingénieurs de SYNATOM. 

La Commission des Provisions Nucléaires s’appuie sur l’expertise technique de l’ONDRAF pour analyser l’aspect complet de ce dossier. L’ONDRAF est en effet le responsable final pour la gestion définitive des déchets radioactifs.

La Commission des Provisions Nucléaires remet ensuite un avis contraignant à la société de provisionnement nucléaire SYNATOM. Cet avis peut entraîner des modifications des montants des provisions proposées ou des travaux complémentaires à réaliser par SYNATOM ou l’exploitant nucléaire.